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by GILLET Anne-Gabrielle - Sunday, June 29, 2008, 10:52 PM
Anyone in the world
Tout d’abord, bien comprendre ceci : les impressions que je délivre ici sont tout à fait personnelles. La pratique sous cascade (takigyoo) est une expérience que chacun vit différemment ; je peux vous faire partager cette expérience telle que je l’ai vécue, mais aucun doute que vous l’auriez vécue différemment.

Les participants, environ 8 personnes, et les deux sensei qui mènent la pratique se retrouvent dans l’une des grandes gares de Tokyo pour un voyage qui durera en tout près de deux heures. A priori, deux heures, c’est long… En fait, il faut bien cela pour commencer à appréhender la pratique. Ne pas s’y fier : même si tout le monde discute et semble d’humeur anodine, chacun, intérieurement, commence sa préparation. Pas d’excitation palpable ; au contraire, les esprits vont clairement vers un plus grand calme. Cette préparation psychique, personnelle à chacun, durera jusqu’à ce que la préparation physique commence.

Jumbi. Nous sommes sur une hauteur d’où le paysage s’ouvre sur un relief de petites montagnes. Pas les Alpes ni les Pyrénées, mais la puissance de la nature est bien là – s’en imprégner. Je sais que dans la cascade, je serai au plus près de cette puissance.

Puis on prend le chemin de la cascade. Je me souviens de ce sentiment, comme on s’enfonçait dans la foret, d’être observée, entourée de milliers de… de quoi au juste? J’ai envie de dire : d’esprits, comme dans le film de Miyazaki, Princesse Mononoke, ces tout petits êtres blancs dont la tête bouge en faisant un bruit de grelot de céramique. On remonte le cours du ruisseau, puis, en haut d’un escalier en bois qui la surplombe, la cascade apparaît. D’ici, elle a l’air tellement petite…

Les sensei préparent l’espace (du sel et du saké pour purifier), les pratiquants, leur corps (du sel là aussi) et leur esprit. L’un des sensei prend place sur un rocher qui émerge a quelques mètres de la cascade, lance des cris puissants, commence a réciter une série de moudras (ou autres?). Puis un par un, chaque pratiquant va venir méditer sous la cascade, librement.

Entrer dans la cascade, c’est revenir a l’essentiel : respirer, tenir debout - vivre et survivre. Cela peut sembler simpliste, pourtant ce sont bien ces pensées, aussi minimalistes soient-elles, qui envahissent mon esprit pendant les toutes premières minutes. Je ne vais pas tenir. Mais comme le corps s’habitue à la température et à la puissance de l’eau, le cours des pensées change : ce que l’on croyait être une limite se trouve n’être qu’une marche à franchir vers le stade suivant ; s’impose alors la volonté d’aller plus loin, de chercher l’étape suivante, de tester la nouvelle limite découverte. Alors on s’avance plus loin, plus près du centre de la cascade.

La puissance de la nature : je ne me suis pas trompée, j’en suis au coeur ici. J’y suis confrontée autant que j’en fais partie. Les bras légèrement étendus sur le coté, les paumes tournées vers le monde extérieur, c’est la méditation des dix positions qui me vient naturellement. Lentement, j’explore chaque position. Je me concentre sur ma respiration : profonde, calme, pour qu’elle permette aux muscles de se détendre et ainsi a l’esprit de s’affranchir du ressenti du corps pour explorer de nouveaux horizons.

Apres être revenue à la première position, je sors lentement de la cascade. J’ai peine a tenir debout, à vrai dire ; je n’ai pas vraiment conscience être, dans le sens “individu”. Une main tendue, je la saisis et la suis jusqu’aux rochers qui bordent la cascade. Reprenant peu à peu mes esprits, je commence à remonter vers le point en contre-haut de la cascade, où nous avons laisse nos affaires et d’où les autres pratiquants observent. Mon équilibre étant encore très précaire, l’aide proposée par une seconde personne est la bienvenue. Pendant plusieurs minutes encore, même après m’être changée pour des vêtements secs, mon corps est pris de violents frissons. Mais mon esprit est d’un grand calme et parvient à le détendre peu à peu alors que je regarde les autres pratiquants passer les uns après les autres.

On n’atteint pas l’illumination en passant dix minutes sous une cascade, aussi puissant soit le flux d’eau qui nous tombe dessus. Mais ce temps est déjà suffisant pour prendre conscience d’énergies enfouies en nous, et cette conscience permet de les libérer. Il y a deux forces que j’ai réellement senties émerger ce jour-là : la confiance et l’amour. La confiance : la confiance en moi, mais également la confiance que j’éprouvais vis-à-vis des sensei qui m’entouraient. L’amour : je parle ici de l’amour pour toute vie, ce sentiment pur qui transcende l’existence et que j’ai ressenti presque à l’état brut dans la méditation explosive de l’un des sensei.

Je rappelle que tout cela est une expérience tout à fait personnelle ; en ce qui me concerne, ce n’est pas un hasard si c’est dans la position Kenshin que je me suis sentie m’épanouir pleinement. Chacun doit vivre sa propre expérience, explorer son propre univers. Mais rien n’empêche d’échanger ses impressions par la suite, bien au contraire, cela se révèle généralement très enrichissant pour tous.
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by Quettier Pierre - Saturday, May 24, 2008, 02:10 PM
Anyone in the world
Lors du stage national au CREPS de Chatenay Malabry, j'ai eu l'occasion d'une courte conversation avec Nathalie dans laquelle elle m'a raconté comment sa pratique du Shintaido lui était venu inopinément en aide dans un moment critique de sa vie. J'ai trouvé son témoignage tellement poignant et vivant que je lui ai demandé si elle voudrait bien en faire quelques lignes que nous pourrions partager avec les visiteurs du SNRC. Elle a accepté de bonne grâce et vient de me le faire parvenir. Le voici :


5 heures du matin, réveil à l ' hôpital pour se préparer à l'intervention chirurgicale.
6 éme et dernier étage du grand bâtiment.
Il fait nuit noire.
Seule dans la chambre, face à Paris.
La tour Eiffel scintille
Je pratique Tenshingoso Sei.
Trois fois.
Le Père, le Fils, le Saint Esprit, peut être.
L' Univers, la Terre, moi toute petite, sans doute.
Le plus lentement possible en y mettant tout ce que je peux, en demandant toute l'aide possible.

Ensuite mon corps et mon esprit ne m'appartiendront plus.
Tout se passera très bien. Le professeur et son équipe feront des merveilles.

Trois jours après l'intervention, complication, il faut pratiquer une ponction lombaire et rester ensuite allongée à plat dos strict sans bouger pendant deux heures.
Outre le stress de la complication, maintenir cette posture représente un obstacle insurmontable pour moi qui ne pouvait dormir que demi assise.
Pour essayer de ne pas partir dans l'angoisse, je me mets à respirer profondément, lentement... et là sans aucune stratégie ni volonté les images arrivent dans mon esprit.

Je visualise, la plage de Fort Mahon, lieu des Kangeiko, je vois l'immensité de la plage, du ciel, de la mer.
Et je pars, je fais Eiko, je vois le ciel, sa lumière changeante soleil, nuages,soleil, nuages.
Je vois mes mains ouvertes et je cours et je vois au delà, je me perds dans le ciel.
Je voyage dans l'infini de la nature, dans l'infini de l'au delà
et je vois les autres, leurs keikogis blancs
et je fais A E I O tout en me déplaçant, Tenshingoso Dai, puis juste avec le bras D, ensuite le G, puis les deux mais décalés, je joue
et je me sens libre
et je ressens la joie
je suis en mouvement
je m' évade
et je vois les autres encore, tous face à la mer. Tenshingoso sei
et je fais rentrer en moi ce grand calme...
je suis bien

aussi ces deux heures si difficiles se sont transformées en une aventure inoubliable!
Insoupçonnée. Mémoire du corps ? Mémoire de Vie ?

Le Shintaido m'a également beaucoup aidée à me préparer à l'opération. Je voulais que mon corps soit le plus résistant possible pour récupérer le plus vite possible.
Les keikos étaient des moments de suspension pour le mental.

Avec le Shintaido je me suis ouverte à l'énergie du groupe et j'ai pu ressentir d'avantage toutes les pensées de soutien et d'amour qui m'ont accompagnée.

Aujourd' hui je vais bien, le Shintaido m'aide à recoller les morceaux.

Un grand merci à Tous.

Médecine, Shintaido, plus les personnes sont compétentes, plus elles sont humbles.

Avec tout mon coeur.
Nathalie
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by CHAMBERS Ula - Wednesday, December 5, 2007, 04:13 AM
Anyone in the world
Over the past 3 years collegial or Peer practice, has become part of the tradition of the European Forum. Although it is a non traditional learning style more like kohai-kohai or sempai-sempai practice, the benefits of this way of studying have been clearly recognised by everyone who has experienced it.

In academic circles peer learning has been defined by Anderson and Boud (1996) as
"Students learning from and with each other in both formal and informal ways"
The emphasis is on the learning process, including emotional support learners offer to each other, as much as the learning task. The roles of teacher and learner may either not be defined or may shift during the course of the learning experience, unlike peer teaching in which roles are fixed.

In Shintaido terms collegial practice means doing keiko together as equals to share our knowledge of a particular practice and helping each other to improve our skills. Examples are practicing an exam subject, or collaborative thinking and practice on a new aspect of Shintaido curriculum. It is particularly useful for those people who are isolated where they live and do not have a chance to do kumite or study with others of the same level.

Psychologists Dill and Boykin (2000) compared students' level of knowledge following peer learning and individual learning tasks. The results demonstrated a significantly greater level of knowledge in the experimental group of peer learners.

Feedback from Shintaido practitioners is that practicing in this way helps to improve the "ma" between the peer group who all have a desire to help one another do well. There is a generous sharing of information and an honest feedback process during the practice which helps to elevate not only our technical skills but also our appreciation of each others personality and place in the Shintaido world.

During the Shintaido Forum 2008, we will be especially lucky to have many potential partners from across the globe. Each person will bring a new perspective and understanding to our keiko - let's make the most of this chance to deepen our keiko and appreciate one another's unique contribution.
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by ROSSI Giovanni - Tuesday, December 4, 2007, 08:03 AM
Anyone in the world

Mitori-geiko literally means “learning by watching”. What kind of learning is it? Is it memorizing forms that we would really learn later by actually doing them? Or do we somehow learn as much when we watch as when we do?

In performing any single movement or cognitive activity, our brains use different anatomical areas for these functions. If we consider the aspects of emotional participation, memory of past experience, cultural conditioning etc., we can see that brain function is much more than the localized functioning of a certain area.

In Shintaido practice we have different ways of learning. We may start from a practice based simply on the repetition of a gesture, without thinking. Or we may practice while recognizing the action through our previous experiences and previous knowledge with the participation of emotional functionality. Furthermore, in Shintaido we find a practice called mitori-geiko. This practice generally occurs, for example, when we look at our teacher or our friends demonstrating a kata or a waza (technique), or simply as they move in the dojo and they interact. But more specifically, when we have the chance to watch someone with a lot of experience giving skillful sensei-care, when we watch exams, or when we observe in a master class, it is a great opportunity to study, learn and open our mind and heart in a special environment. This is what is called mitori-geiko.

In the oral tradition, there are stories of poor students serving their master for year, watching every practice without having the right to actually enter the dojo. The story goes that, authorized at last to enter, and being challenged right away to receive the attacks of several experienced students, they skillfully managed them without having ever actually been trained to do it. How could it have been possible? The answer is, in traditional terms, mitori-geiko and in modern terms, mirrors neurons. What are “mirror neurons”?

Mirror neurons were recently discovered. Here are a few quotations from recent works considering their effects on our learning abilities:

"A mirror neuron is a neuron which fires both when an animal acts and when the animal observes the same action performed by another (especially conspecific) animal. Thus, the neuron "mirrors" the behavior of another animal, as though the observer were itself acting. These neurons have been directly observed in primates, and are believed to exist in humans and in some birds. In humans, brain activity consistent with mirror neurons has been found in the premotor cortex and the inferior parietal cortex. Some scientists consider mirror neurons one of the most important findings of neuroscience in the last decade." (http://en.wikipedia.org/wiki/Mirror_neurons)

"Imitation is often thought of as a low-level, relatively childish or even mindless phenomenon. Science is on the way to prove this as being a serious mistake. Moreover, it is appearing, in light of recent work in the cognitive sciences, that imitation would be a rare, perhaps even uniquely human ability, which may be fundamental to what is distinctive about human learning, intelligence, rationality, and culture." (Hurley& Chater, 2002 quoted by Garrels, 2004, p. 7)

"This work reinforces the idea that the toddlers are beginning to focus on the adult's goals, not simply their surface actions. It provides developmental roots for the importance of goals in organizing imitation in older children and adults" (Meltzoff, 2002, quoted byGarrels, op cit., p.25).

These mean that as the baby watches the adult moves, her brain, through mirror neurons, doesn't make a difference between watching and doing. Thus her body movements tend to imitate those of the adult and she learns. These also mean that doing so, she is figuring out the meaning (the goals) of the movements and through this also she learns. As we grow older, we learn to use language instead of action. This is good (better talk than fight) but, on the way, the mediation of language tend to lessen our wonderful ability to learn deeply by direct contact with the "world inaction". Too bad isn't it? That is why keiko provides us a unique way to, as the French say, let us "have the butter and the money of the butter". Through it, we rebuild our capacity to feelour environment and to learn by imitation.

Thinking of that, don't you think that the time have come for the new generations of Shintaido practitioners, especially westerners not used to this kind of learning, to take mitori-geiko seriously ? To figure out our goal, intentions, watching the movement, to imitate and get inspired, and then do our best to pass our Masters. In our kata Tenshingoso, the final part of the “I” movement, represents the moment to recall our ideal and regenerate it. Mitori-geiko is another practice that can give us a help in this direction.

Well, how about giving a serious try at mitori-geiko during the 2008Festival?

References:

Thanks to David Franklin and Pierre Quettier for their editing contribution